Sur l’air des « Passantes » de Brassens, une jeune vidéaste rend hommage aux femmes, dans toute leur complexité, dans toute leur diversité, avec une esthétique admirable.

Charlotte Abramow est belge, âgée d’une vingtaine d’années, photographe et vidéaste. Début mars, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, un clip fou est dévoilé sur Youtube, sur la chanson « Les Passantes » de Georges Brassens. On y voit des vulves suggérées par un enchainement d’images. Fraise coupée en deux, feuilles, légumes, soupe, chewing-gum, porte-monnaie. Enfin, des portraits de femmes. Des visages, des femmes aux cheveux courts, des femmes de tous les âges, de toutes les professions, mères, sœurs, filles. On y voit de la cellulite, les menstruations, des chorégraphies. On parle de poids, de racines, du temps qui passe, de rire, de larmes et de diversité.

La jeune femme a été approchée par le groupe Havas Paris afin de participer à un projet artistique un peu particulier. En effet, dans les tiroirs de la chanson française, plus ou moins connues du grand public ou de la jeune génération, de clip (parfois) il n’existe pas. On a tous déjà visionné une chanson de Gainsbourg sur Youtube, affublée d’un diaporama, sorte de best-of artistique, pixellisé, sans queue ni tête. Bref, Charlotte Abramow donne une seconde naissance à cette chanson sortie en 1972.

Seul point noir au tableau, une « polémique ». Les utilisateurs de Youtube commentent en masse la vidéo, pointant du doigt le contre-sens du clip avec les paroles de la chanson. Soulignant que Brassens évoque les regrets, voire la souffrance d’un homme qui n’a pas su s’adresser aux femmes. Contactée par Point de Vulve, Charlotte Abramow n’a malheureusement pas donné suite à nos questions.