Wonder Woman évoque chez certains un blockbuster américain sorti il y a quelques mois, chez d’autres une série télé des années 80 américanisée qui passait l’après-midi sur La Cinq, ou encore certainement le déguisement le plus copié de l’histoire des soirées à thèmes. En 2018, on a la chance de voir éclater au grand jour la véritable histoire de Wonder Woman, beaucoup plus sulfureuse que ce qu’on pouvait imaginer. On parle féminisme, polyamour et BDSM avant l’heure, dans l’Amérique des années 30-40. Ce qui n’a pas plus à tout le monde…

Bon point, la réalisatrice Angela Robinson, qui est ouvertement lesbienne, aborde la féminité dans chacun de ses films. Elle signe ici un film un peu plus profond sur le mythe de cette amazone. A l’origine donc, le professeur Moulton Marston, professeur de psychologie et inventeur du polygraphe. Son épouse, Elizabeth Holloway, éditrice, sur-diplômée, c’est elle qui soutient financièrement le ménage. Le couple va croiser le chemin d’une étudiante, Olive Byrne, qui va devenir leur maîtresse à tous les deux. Un trouple naît, quatre enfants suivront.

Ce trio partage également une vision du féminisme singulier pour l’époque. Pour eux, la femme est soumise par nature et donc est en ce sens, supérieure à l’homme, car elle est plus « pure ». Leur vision du féminisme passe par des jeux sexuels, avec notamment un intérêt particulier pour la fessée et le BDSM. Ces pratiques sont légion dans les premiers comics Wonder Woman, car le professeur pense qu’une femme est de base ligotée, mais que libérée, elle pourra conquérir le monde. Une portée érotique et métaphorique qui ne plaît pas à l’Amérique puritaine des années 30 et 40.

Wonder Woman devient rapidement une icône féministe, car elle combine les super-pouvoirs et l’intelligence d’un Batman ou Superman avec l’allure d’une femme belle et forte. Les petits garçons et les petites filles de l’époque sont fans de cette nouvelle héroïne. Malheureusement, à la mort du professeur, Wonder Woman devient l’opposée de ce qu’avait imaginé son créateur. Une baby-sitter, une mannequin, une actrice… DC Comics, la compagnie, change la personnalité de Wonder Woman et ses veuves n’y pourront rien.

En résumé, le film d’Angela Robinson propose une version édulcorée de cette histoire sulfureuse et profondément surprenante. Un film à voir, qui donne envie d’approfondir ! A noter aussi, le film montre des photographies des véritables protagonistes, beaucoup moins sexy que des acteurs hollywoodiens. Et ça fait du bien.

La bande annonce de My Wonder Woman par Poppy Screens, Point de Vulve et PWL agency :


My Wonder Women, d’Angela Robinson
Sortie le 18 avril 2018